Le projet E-CHO d’Elyse Energy à Lacq : de l’innovation verte ou un éléphant blanc hors de prix ?

Coupe rase en Pyrénées atlantiques, près de Lacq

Introduction

Le projet E-CHO est un plan ambitieux impliquant trois projets différents mais interconnectés à Lacq et ses environs, dans le département des Pyrénées-Atlantiques en France. Ce projet est porté par Elyse Energy, une startup fondée en 2020, qui détient les deux tiers des actions d’E-CHO. Les autres partenaires et actionnaires sont Avril, Axens et IFP Investissements. Les trois usines prévues ont pour objectif de:

  • Produire 72 000 tonnes d’hydrogène par an à partir d’électricité renouvelable et d’autres électricités « bas carbone » (probablement de l’énergie nucléaire) ;
  • Produire 75 000 tonnes de carburants aviation et 35 000 tonnes de naphta à partir de bois et hydrogène, via la gazéification et le procédé Fischer-Tropsch, avec captage du carbone ;
  • Produire 200 000 tonnes de méthanol à partir d’hydrogène et de dioxyde de carbone capturé (« e-méthanol »).

Chacune de ces usines nécessiterait la mise en place de technologies dont le développement n’est pas encore abouti, où que ce soit dans le monde, à savoir :

  • L’électrolyse de l’hydrogène (c’est-à-dire l’utilisation de l’électricité pour diviser des molécules d’eau) est une technologie à forte consommation d’énergie qui a été testée avec succès, mais pas encore à l’échelle proposée ici ;
  • Toutes les tentatives passées visant à produire des carburants liquides pour le transport, y compris des carburants d’aviation, à partir de bois ont échoué ;
  • Bien que la technologie de fabrication de l’e-méthanol ait été éprouvée, l’e-méthanol n’a jusqu’à présent été produit à grande échelle nulle part dans le monde, le coût de l’hydrogène et du dioxyde de carbone constituant les principaux obstacles.

Nous examinerons ci-dessous à la fois le risque, coûteux, d’un échec du projet et des risques environnementaux en cas de maintien du ou des projets.